Les Essentiels Printemps-Été
Au détour de la route sinueuse, le paysage s’ouvre sur l’estuaire. À l’horizon, le fleuve et le ciel se confondent. De ce mince fil émane une lumière argentée. Le regard s’y pose et nous nous imaginons des milliers de poissons nageant à la surface de l’eau. Par distraction, les jambes s’immobilisent, nous glissons alors dans le vent au son des cliquetis. Les mains se crispent, jusqu’à l’arrêt. L’eau s’est retirée et sous nos pieds le sable est humide. Nous sommes projetés dans nos souvenirs et nous nous revoyons parcourant la grève à la recherche de trésors. Par réflexe, la main glisse quelques galets dans les poches de notre maillot. Le moment est venu de reprendre la route.
L’itinéraire nous ramène dans les terres. À travers les champs, les longues herbes et les fleurs sauvages sont bercées par les vents. Sont alors projetés dans nos roues et notre visage, les odeurs ambiantes. On y retrace encore ce qui reste du parfum de l’air salin. Les champs font subitement place aux forêts, et survolant la canopée, les oiseaux dessinent de grandes courbes. En les observant, nous comprenons la pleine mesure de leur liberté. Par moment, les arbres étirent leurs branches jusqu’à la route. Le soleil filtre au travers du feuillage et nos corps en action se faufilent habilement dans le faisceau lumineux.
Beaucoup de route fut parcourue, au loin, on croirait voir des collines, mais nous reconnaissons finalement la cime des montagnes. Leur image nous habite. On dessine de mémoire leur versant rocailleux parsemé de conifères qui s’acharnent à y pousser. On les fixe périodiquement du regard, chaque fois, elles se font plus grandes. Nous y sommes presque.
Demain, nous retrouverons les berges.